Portraits croisés : Journée mondiale de l'eau 2026
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2026 (22 mars) sur la thématique « L’eau, source d’égalité », la Communauté de communes Brie des Rivières et Châteaux souhaite mettre en lumière celles qui, au quotidien, œuvrent pour garantir à tous l’accès à une eau de qualité sur notre territoire.
La gestion de l’eau est un secteur encore majoritairement masculin. Pourtant, au sein du service Eau et Assainissement de la Communauté de communes, la parité est une réalité.
Rencontre avec quatre femmes qui façonnent chaque jour la politique de l’eau sur notre territoire.




Présentation & missions
Aline. G : J’exerce mes fonctions de chargée d’opérations eau et assainissement depuis octobre 2021. Auparavant, j’ai exercé 21 ans dans le privé, dans des sociétés qui assuraient de la gestion d’eau et d’assainissement. Ainsi, je suis d’abord passée par des postes sur le terrain, puis conductrice de travaux, cheffe de secteur en exploitation et Ingénieure d’études travaux avant d’arriver à la CCBRC.
Dans mon quotidien, je réalise le suivi des opérations liées aux travaux engagés par la Communauté de communes (de l’avant-projet à l’aboutissement des projets en passant par leur réalisation) :
- Travaux de construction de stations d’épuration, y compris les travaux de création des réseaux de transferts entre les anciens sites et le nouveau site de construction
- Travaux de réhabilitation des réservoirs puisque dans le cadre du schéma directeur d’eau potable, la CCBRC a engagé un diagnostic et une rénovation de son patrimoine
- Travaux de préservation de la ressource
La CCBRC est une maîtrise d’ouvrage avec la compétence Eau et Assainissement. Mon rôle en tant que chargée d’opérations est de piloter les projets détaillés précédemment afin de livrer un patrimoine performant, durable, adapté aux besoins de la collectivité, correspondant aux orientations du plan pluri-annuel des travaux programmés. J’accompagne les maîtres d’œuvre et les entreprises à réaliser ces travaux, dans les meilleures conditions afin d’améliorer la qualité du service rendu aux habitants sur cette compétence.
Hélène. T : Je suis cheffe de projet en maîtrise d’œuvre chez ARTELIA depuis bientôt 5 ans.
Aude. J : Je suis chef de secteur depuis 4 ans chez Vinci Construction (responsable du service travaux de l’agence : conducteurs de travaux, assistante opérationnelle, équipe travaux, topographe).
Tetiana. B : Je suis responsable de mission en maîtrise d’œuvre depuis 2022 chez ARTELIA. Mes missions au quotidien consistent à suivre les chantiers pour des travaux de construction de stations d’épuration, d’usines d’eau potable et de travaux sur les réseaux d’assainissement (animation des réunions de chantier, validation des plans et fiches techniques, suivi de facturation des entreprises…) et à réaliser des études de conception pour le même type de missions.


Comment en êtes-vous arrivées à faire ce métier ?
Aline. G : J’ai une formation Bac+3 en traitement des eaux et en assainissement, réalisée à Limoges. À travers des stages, j’ai découvert le monde de l’eau et de l’assainissement avec toute sa richesse de métiers. Ils m’ont permis de me guider dans mon orientation professionnelle et me motiver à travailler dans ce domaine passionnant et touchant à l’environnement. J’ai eu l’opportunité de changer de postes régulièrement, ce qui m’a permis de m’enrichir énormément d’un point de vue professionnel et humain. J’ai souhaité mettre cette expérience au profit du service public pour mener à bien les projets de la CCBRC.
Hélène. T : Après une formation d’ingénieure spécialisée dans l’environnement, j’ai intégré l’entreprise de traitement des eaux où j’avais effectué mon stage de fin d’études. J’ai commencé ma carrière en exploitation, au plus près du terrain, notamment sur des stations d’épuration et des usines d’eau potable. Par la suite, j’ai intégré le pôle travaux de cette entreprise en tant qu’ingénieure d’études, poste que j’ai occupé pendant 5 ans. Forte de cette expérience dans le domaine de l’eau, j’ai rejoint le bureau d’études ARTELIA pour découvrir et exercer le métier de maitre d’œuvre. Ce sont donc à la fois mes études, mes expériences de terrain et mes rencontres professionnelles qui m’ont amenée vers ce métier qui me correspond pleinement.
Aude. J : Les prémices… Un parent entrepreneur dans le métier de la construction qui m’a donné goût au monde des travaux : relation client, relation avec les équipes, satisfaction et fierté de voir l’ouvrage réalisé. J’ai fait un Bac Scientifique option Sciences de l’ingénieur, puis j’ai intégré des classes préparatoires scientifiques pendant deux ans, avec les concours à la clé. Au moment de choisir mon école, je savais que je voulais aller vers les métiers de la construction. J’ai donc intégré l’INSA de Strasbourg en filière génie civil, où j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieure en 2004.
À la sortie de l’école, j’ai été embauchée chez Jean Lefebvre Île-de-France, une filiale de Vinci Construction, à l’agence de Grigny. J’y ai passé quinze ans en bureau d’études — à établir des offres techniques et financières, à concevoir et optimiser des projets. Puis j’ai évolué vers la conduite de travaux pendant deux ans, ce qui m’a amenée à ce que je fais aujourd’hui.
Tetiana. B : Je me suis spécialisée dans le domaine de la gestion de l’eau vers la fin de mes études et c’est mon stage de fin d’études qui m’a permis de me spécialiser dans le domaine de traitement de l’eau et de commencer à réaliser des missions de maîtrise d’œuvre. D’abord c’était principalement de la conception et depuis j’ai peu à peu commencé à faire du suivi de travaux.
Selon vous, qu’est-ce qui freine encore aujourd’hui les femmes à se lancer dans ces métiers plus masculin ? Et vous personnellement, qu’est-ce qui vous plaît dans ce secteur ? Quels avantages voyez-vous à ces métiers ?
Aline. G : Rien ne rend impossible l’accès à n’importe quel poste pour les femmes. Le côté éreintant et physique du travail en extérieur, et plus particulièrement sur les chantiers, peut être un frein de manière générale, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Mais il faut reconnaître que travailler en extérieur a aussi ses bons côtés pour ceux et celles qui aiment le grand air !
Hélène. T : Chez ARTELIA, je constate que les équipes de maitrise d’œuvre sont actuellement composées autant de femmes que d’hommes. C’est un métier qui s’est féminisé ces dernières années. Selon moi, le principal frein reste le manque de confiance en soi. Avant de postuler, une femme va souvent se remettre en question ou douter de ses capacités, là où la plupart des hommes se lancent plus facilement.
Aude. J : Dans ce secteur, les freins existent. Certains postes peuvent être physiquement exigeants et il arrive encore d’être confrontée à des comportements ou des remarques déplacés. Il y a aussi, je pense, la peur de ne pas réussir dans un milieu qui reste majoritairement masculin. C’est souvent ce doute-là qui freine les femmes avant même qu’elles aient essayé.
Mais les avantages sont bien réels ! Ce qui me plaît dans ce métier c’est le travail en équipe, le fait de voir un projet se concrétiser. C’est un métier de terrain, avec une vraie autonomie.
Tetiana. B : Je ne vois pas d’avantages particuliers dans ce secteur plus masculin. Et je pense qu’il faut distinguer la maîtrise d’œuvre et les entreprises de travaux. Dans le domaine de la maîtrise d’œuvre les femmes sont certes moins nombreuses mais quand même bien présentes. En revanche, côté entreprises et équipes de chantier, il y a encore très peu de femmes. C’est difficile de dire ce qui freine la présence de femmes dans la construction, je pense que c’est lié surtout à la sous-représentation des femmes dans ce domaine qui fait que le choix des jeunes femmes ne se porte pas en priorité sur ce domaine et la peur d’être confrontées à un environnement de travail difficile.



Avez-vous déjà eu le sentiment de devoir prouver votre légitimité ? Est-ce que cela a évolué avec le temps et l’expérience ? Quelles sont, selon vous, vos forces dans l’exercice de ce métier ?
Aline. G : Effectivement, au début, on a le sentiment d’un manque de légitimité ou de crédibilité peut-être plus prononcé chez les femmes. Il faut se former et prendre confiance en ses compétences au travers de ses expériences. La connaissance n’est pas innée, elle s’acquière en allant chercher les informations manquantes pour répondre aux demandes ou être force de proposition. En réalité, c’est avant tout une question de savoir-être, de caractère, d’adaptabilité aux situations et d’écoute ; que l’on soit un homme ou une femme.
Hélène. T : En tant que maître d’œuvre, je suis amenée à faire du suivi de chantier et je suis régulièrement en lien avec des entreprises de BTP, un milieu encore très masculin. Il arrive que certains interlocuteurs soient surpris de voir une femme arriver pour superviser un chantier, et certains tentent parfois de nous déstabiliser. Mais dès lors qu’on démontre notre maîtrise technique et notre capacité à piloter le projet, il n’y a pas de sujet. Nos forces sont, selon moi, la capacité d’écoute et la capacité à rassurer, ce qui fait avancer le chantier dans les meilleures conditions.
Aude. J : Jeune (femme ou non) nous nous sentons parfois non-légitime de par le manque d’expérience. Le fait d’être une femme peut accentuer ce sentiment et ce jugement de la part des extérieurs (équipe travaux, maître d’œuvre, maîtrise d’ouvrage). Cela m’est arrivé plus jeune. Il faut alors en parler, s’appuyer des « anciens », de ses manageurs… Avec le temps et l’expérience, la légitimité s’acquiert.
J’ai pu également constater que les mentalités ont énormément changé et de façon positive depuis 21 ans que je suis dans ce secteur. Il faut aimer le contact humain que ce soit avec les équipes, les clients : la timidité peut être une barrière.
Tetiana. B : Oui je suis confrontée à un manque de légitimité parfois mais qui est, dans mon cas, lié à deux facteurs : le fait d’être une femme et jeune. Mes forces résident dans le fait de pouvoir m’adapter et apprendre rapidement pour pouvoir mieux me sortir des situations complexes les prochaines fois.


Un conseil pour une jeune femme qui souhaite s’orienter dans ces voies ?
Aline. G : Il ne faut pas hésiter à se lancer si on a l’envie ! Rien ne vaut l’expérience du terrain pour apprendre, comprendre et progresser en s’appuyant sur les personnes disposant des compétences. En deux mots, il faut de la curiosité et de l’envie.
Ces métiers nécessitent de l’autonomie et de la prise de décision. Nous ne sommes pas de simples exécutants, cela rend les projets plus intéressants. Enfin, ils ont du sens par la concrétisation de ces projets visant à améliorer l’environnement, la qualité du service, la préservation de la ressource.
Hélène. T : Je lui dirais d’avoir confiance en elle, de ne pas douter de ses compétences, d’oser prendre sa place dans ce secteur et de démarrer autant que possible sa carrière par une expérience terrain. La curiosité sera aussi indispensable pour apprendre, comprendre et progresser dans ce domaine.
Aude. J : Il ne faut pas se fixer de limite. Il faut se faire confiance !
Tetiana. B : Mon conseil, ce serait d’abord de ne pas avoir peur de se lancer et d’aller au-delà des aprioris qu’on peut avoir au départ. Pendant les études, je recommande de faire des stages pour découvrir le monde des travaux, c’est le meilleur moyen de se rendre compte si c’est fait pour soi ou non. Et puis, ne pas se décourager aux premières difficultés, parce qu’il y en aura forcément.
Quel regard portent vos interlocuteurs sur la place des femmes dans ces métiers ?
Aline. G : Il y a probablement une évolution générationnelle dans la présence des femmes dans nos métiers, par notre éduction dans la société, les différences restent ancrées.Et quoi que l’on en dise et quoi que l’on en fasse, on trouvera des personnes faisant une différenciation négative. Traçons notre propre chemin et positivons en avançant sans se préoccuper de ces réactions marginales. Est-ce que le regard a changé ? certainement moins d’interrogation ou de surprise, quant à la présence des femmes et aux postes occupés dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et des travaux…. Avis aux femmes !
Hélène. T : Le métier de maître d’œuvre est parfois méconnu, mais dès que nous expliquons nos missions, les personnes portent généralement un regard très positif sur cette profession.
Aude. J : Plutôt un regard bienveillant, curieux, admiratif.
À travers ces portraits, un message à toutes celles qui hésitent encore à se lancer et une certitude que les femmes façonnent elles aussi la gestion de l’eau sur la Brie des Rivières et Châteaux !
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